Franziska zu Reventlow (1871-1918) est l’une des voix les plus impertinentes de la fin du XIXe siècle allemand : rebelle contre les conventions de son milieu aristocratique, son œuvre donne l’image d’une femme courageuse qui risque tout pour être libre. Elle mène à Munich une vie de bohème et de mère célibataire. Les multiples déboires de ce mode de vie ne la brisent cependant pas, ce qui permet à sa contemporaine, l’écrivaine Annette Kolb, de dire d’elle : « Son cynisme ne connaît aucune limite, mais toujours avec élégance. » Profondément pacifiste et antinationaliste, elle organise en 1917 la désertion de son fils Rolf vers la Suisse où elle réside. Puis, elle publie la même année en français l’essai L’envers du miracle allemand. Elle meurt en juillet 1918 des suites d’une chute de vélo.